Fils de la haine


Patrick Éris, à mes yeux, fait figure de phénomène à part dans le monde de l’Imaginaire. Depuis des années, il m’est impossible de discuter avec cet homme sans me demander à chaque fois à quoi ressemblent ses livres, tout en m’obstinant de manière incompréhensible à ne jamais les ouvrir.


En octobre dernier, lors des Intergalactiques de Lyon, je découvre qu’il a publié un roman cyberpunk chez Rivière Blanche.

Le titre, Le fils de la haine, m’inspire une image mentale qui, combinée à la couverture d’inspiration anime ainsi qu’au résumé, éveille en moi la curiosité nécessaire à franchir le pas.

Je l’achète.


Pour être honnête, je suis loin, très loin, de m’attendre à ronronner de plaisir à plonger dans les bas-fonds de Hong Kong en compagnie d’un monstre sanguinaire sorti de nulle part, comme il s’en voit trop souvent dans les récits du genre. Des créatures sans fondement et sans intérêt.


Dans les salons littéraires, j’aime rabâcher que les meilleurs moments de lecture sont ceux que l’on n’attend pas. Eh bien je vous laisse deviner pourquoi je sacrifie deux heures, un samedi matin ensoleillé, à me gratter la cervelle pour vous parler du fils de la haine, d’un certain Patrick Éris.


Oui, ce roman m’a surpris. Par son style, d’abord. Efficace, fluide, adulte. Même si l’auteur, parfois, s’autorise quelques précisions dont l’on pourrait se dispenser.

Ensuite, par son intelligence narrative. Voilà un roman bien construit, tel qu’on en écrit peu. Et dans un genre aussi mal servi que celui du cyberpunk, voilà qui fait du bien !


Cerise sur le gâteau, le récit traite un sujet, un vrai. Et dans l’air du temps, puisqu’il y est surtout question de la Trame (l’univers virtuel), et du poids de l’interfaçage, de ses avantages et dangers.

Là encore, difficile de ne pas saluer la clarté du propos,et la maîtrise de l’auteur.

Pour qui aime le cyberpunk, ou est un brin curieux, voilà vraiment un roman qui mérite le détour. Un bon divertissement, agrémenté de poésie et bourré de références aux piliers du genre.



Le quatrième de couverture :


Quelle chose invisible erre dans les bas-fonds de Hong Kong, laissant derrière elle des amas de corps mutilés? Est-ce un humain, un monstre, ou pire encore?


C'est ce que doit découvrir le policier Sayn Shanda et sa collaboratrice Jiki. Mais lorsque les grandes multinationales qui se partagent la ville entrent en guerre, tous deux comprennent que l'affaire est plus complexe qu'il y paraît. Et quel rapport peut-il y avoir avec ce rassemblement de jeunes génies qui a créé cet espace virtuel qu'on appelle la Trame?


Du Hong Kong d'aujourd'hui à la Russie d'hier, le compte à rebours a déjà commencé pour LE FILS DE LA HAINE.



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